Comment passer de l’EI à la SELARL ?

Sommaire

Le passage de l’entreprise individuelle à une SELARL constitue une évolution fréquente dans les professions de santé. Ce changement de structure ne se limite pas à une simple formalité administrative. Il implique des choix juridiques, fiscaux et organisationnels qui doivent être anticipés.

En pratique, cette transition s’inscrit souvent dans une réflexion plus large sur le développement de l’activité, la sécurisation du patrimoine personnel ou encore l’association avec d’autres professionnels. Encore faut-il structurer cette évolution étape par étape.

Étape 1 : définir la stratégie

Avant toute démarche, une réflexion préalable est indispensable. Passer d’une entreprise individuelle à une SELARL suppose de s’interroger sur les objectifs poursuivis.

Plusieurs motivations peuvent justifier cette transformation :

  • structurer l’activité dans une logique de développement,
  • faciliter une association future avec d’autres professionnels,
  • adapter le régime fiscal et social,
  • séparer le patrimoine professionnel du patrimoine personnel.

Ce choix ne doit pas être envisagé de manière isolée. Il s’inscrit dans une stratégie globale, notamment au regard des différences entre les formes d’exercice. À ce titre, il peut être utile de comparer les implications juridiques entre exercice individuel et société, comme exposé dans le droit de la santé.

Point de vigilance : le passage en société peut entraîner des conséquences fiscales, notamment en cas de transfert d’activité. Ces aspects doivent être examinés en amont.

Étape 2 : créer la société

La création de la SELARL constitue une étape structurante. Elle suppose la rédaction de statuts et l’accomplissement de formalités juridiques classiques.

La SELARL (Société d’Exercice Libéral à Responsabilité Limitée) est une forme de société adaptée aux professions réglementées. Elle permet d’exercer sous forme sociétale tout en respectant les règles propres à chaque ordre professionnel.

Concrètement, la création implique :

  • la rédaction des statuts,
  • la désignation du ou des gérants,
  • la constitution du capital social,
  • l’immatriculation de la société, 
  • l’inscription de la SELARL au tableau de l’ordre compétent.

La rédaction des statuts est un point central. Elle permet d’organiser le fonctionnement de la société, les modalités de décision et les relations entre associés. Dans certaines situations, notamment en cas d’exercice à plusieurs, une attention particulière doit être portée à l’équilibre des pouvoirs.

En parallèle, il est souvent nécessaire d’encadrer les conditions d’exercice au sein de la structure, par exemple via un contrat d’exercice libéral.

Étape 3 : valoriser la patientèle

Le passage en SELARL implique généralement le transfert de l’activité exercée en nom propre vers la société. Cette opération passe par la valorisation et la cession de la patientèle.

La patientèle constitue un élément essentiel de l’activité des professionnels de santé. Sa valorisation repose sur différents critères, tels que :

  • le chiffre d’affaires,
  • la stabilité de la clientèle,
  • la localisation du cabinet,
  • les perspectives de développement.

Cette valorisation doit être réalisée avec prudence. Elle peut faire l’objet d’une évaluation spécifique afin d’éviter toute contestation ultérieure.

Une fois valorisée, la patientèle est cédée à la SELARL. Cette opération s’analyse juridiquement comme une cession, avec des conséquences fiscales et sociales à anticiper.

Pour approfondir cette étape, il est possible de se référer à la cession de patientèle et ses risques.

Erreur fréquente : négliger les modalités de présentation de la patientèle à la société, ce qui peut fragiliser la transition.

Étape 4 : formalités ordinales

Les professions de santé étant réglementées, le passage en SELARL suppose le respect de formalités spécifiques auprès de l’ordre professionnel compétent.

En principe, plusieurs démarches sont nécessaires :

  • demande d’autorisation d’exercice en société,
  • validation des statuts par l’ordre,
  • inscription de la SELARL au tableau de l’ordre,
  • mise à jour de la situation du professionnel.

Ces formalités varient selon la profession concernée (médecins, infirmiers, pharmaciens, etc.). Elles peuvent également impliquer des délais qu’il convient d’anticiper.

Point de vigilance : l’absence d’autorisation ou une irrégularité dans les formalités ordinales peut remettre en cause l’exercice en société.

Points de vigilance

Le passage de l’EI à la SELARL présente des enjeux juridiques et fiscaux importants. Plusieurs points doivent être examinés avec attention :

  • les conséquences fiscales de la cession de patientèle,
  • le choix du régime fiscal de la société,
  • l’impact sur la protection sociale du professionnel,
  • les obligations comptables et administratives,
  • les règles propres à la profession exercée.

En pratique, certaines situations nécessitent une analyse approfondie. Par exemple, la question du moment opportun pour passer en société peut dépendre du niveau d’activité ou de projets d’association. Sur ce point, des réflexions proches sont abordées dans des contenus relatifs aux seuils de structuration ou à l’évolution de l’activité.

À retenir

  • Le passage en SELARL suppose une réflexion stratégique préalable.
  • La création de la société nécessite une structuration juridique rigoureuse.
  • La valorisation de la patientèle est une étape clé du processus.
  • Les formalités ordinales sont indispensables pour exercer en société.
  • Des impacts fiscaux et sociaux doivent être anticipés.
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Cynthia LEFEUVRE

Avocat en droit des affaires

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